BEHIND THE SCENES : YVES ROCHER CAMPAIGN SUMMER 26
- Grégory AMBROISINE
- 22 avr.
- 3 min de lecture
Styliste photo et directeur artistique basé à Paris, j’interviens sur des projets artistiques, mode et commerciaux, et j’accompagne des talents et des marques à construire leur image.
On m’a souvent dit :
“Tu ne montres pas assez ton travail.”
Ou encore :“Mais concrètement, tu fais quoi ? Tu choisis des « linges » ?”
Avec ce blog, à travers mon regard et en partageant ma pensée, j’ai envie de montrer la réalité de mon métier :les coulisses, les processus, les choix et surtout la précision que demande chaque projet.
Récemment, j’ai été contacté par La Maison Noire, une société de production avec laquelle je collabore régulièrement, pour travailler sur la campagne estivale de Yves Rocher.
Mais concrètement, comment se construit une campagne ?
Quel est mon rôle à chaque étape ?
ÉTAPE 1 : PRISE DE CONTACT
Je suis sollicité pour un projet, avec une première information : la date et une intention globale.
À ce stade, les détails sont souvent limités.
ÉTAPE 2 : DEMANDE D’INFORMATIONS
Très vite, je cadre.
Je demande plus de précisions :
• nombre de mannequins
• nombre de looks par figurant
→ Cela me permet d’anticiper ma préparation et de ne pas m’éparpiller
• direction visuelle
→ Pour cadrer mes recherches
• lieu du shooting
→ Pour assurer la cohérence avec les looks
• saisonnalité
→ Pour un choix optimal des pièces
• date de diffusion
→ Pour la pertinence des silhouettes
Les recommandations (recos) sont souvent floues au départ, puis s’affinent progressivement.
L’adaptabilité est essentielle.
ÉTAPE 3 : RECHERCHES & PLANCHE STYLISME
À partir des premiers éléments, je développe mes recherches.
Je construis une planche de style avec plusieurs silhouettes et des variations possibles.
Chaque proposition est pensée pour rassurer la production et le client, tout en laissant de la place aux ajustements.
Je demande également :
• les mannequins validés
• les tailles (sizings)
C’est indispensable pour sécuriser les shoppings.
Je travaille avec :
• un budget shopping (avec un montant non remboursable possible) à respecter
Je dois optimiser chaque choix.
La communication est constante :
j’informe en temps réel de l’avancement, des contraintes et du budget.
ÉTAPE 4 : SHOPPING & BACK UP
Une fois le cast, la direction artistique et le styling validés, je lance les shoppings.
Boutiques ou online , tout dépend du timing et des pièces recherchées.
Je suis mon document de référence, mais j’anticipe toujours :
je prévois des options supplémentaires, des alternatives, du back up.
Parce qu’un projet évolue toujours.
Tous les achats sont :
• classés
• archivés
• suivis dans un tableau précis
Rigueur obligatoire.
ÉTAPE 5 : PRÉPARATION VALISE
Tous les shoppings effectués, il est temps de préparer ma valise (parfois plusieurs).
Je fais un listing de ce qu’il me reste à prévoir.
Je prépare mes valises par :
• ordre de shooting
• look
• scène
Je n’oublie rien :trousse couture, pinces, steamer…
Et malgré tout, il reste toujours ce doute.
Les jours avant un shoot, le sommeil est souvent léger.
ÉTAPE 6 : LE SHOOTING
Le jour J, tout s’accélère.
Sur le trajet, je relis :
• plan de travail
• document stylisme
• recommandations client
J’arrive en avance.
Toujours.
Je prépare mon espace, organise les looks, structure le portant avec une lecture claire par silhouette.
Chaque détail compte :
• préparation des mannequins (en respectant le planning)
• ajustements en direct (avec ma trousse sur moi et des alternatives en cas de changement)
• contrôle du tombé
Je vérifie en permanence sur écran.
Je double valide avec la production et le client.
Le styling est vivant.
Il s’adapte en temps réel.
ÉTAPE 7 : RANGEMENT & RETOURS
Le travail ne s’arrête pas à la dernière image, et le rangement est progressif pendant le shooting.
Je gère :
• tri des pièces par marque
• remise en état des vêtements avec les bonnes étiquettes
• organisation des retours
• suivi des factures et mise à jour du dossier sur le drive
Chaque produit est :
• repassé
• reconditionné
• renvoyé
Tout est documenté et transmis à la production.
C’est une phase invisible, mais essentielle.
Le mot de la fin
Être styliste sur une campagne, ce n’est pas “choisir des vêtements”.
C’est gérer un projet de A à Z, avec précision et vision.
Les qualités indispensables :
• disponibilité
• réactivité
• anticipation
• sens du détail
• force de proposition
• communication
Et surtout : savoir transformer une intention en image.
Let’s create freely and tell new stories together.



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